Wednesday, February 01, 2006
Ces petites choses qui font le Mexique...
J'épie chaque jour une nouvelle chose insolite qui fait que ce pays est attachant, un pays où l'on se croirait sur un nuage qui change sans arrêt de couleur, où l'on mange des sauterelles grillées et de la peau de cochon frite, où les enfants apprennent l'anglais à la télé avant même de pouvoir prononcer un mot, où l'on achète des cigarettes à l'unité en se servant directement dans le paquet, où les frères sont de nature démesurément jalouse du petit copain de leur soeur, où les hommes se demandent toujours à quoi ressemble le "french kiss", où il est plus simple d'acheter des films que de les louer parce que c'est 1,5 euros, que dans les magasins où se vendent ces DVD piratés il y a toujours un oratoire pour prier avec des portraits de la Vierge, des bougies et des fleurs, où j’entends la musique de la Star Ac tout le temps, où l’on célèbre les 15 ans de toutes les jeunes filles comme un événement très important car elle devient subitement une femme, où « néné » veut dire « nana » et « nana » veut dire « nounou », où presque tous les hommes dansent à la perfection la salsa, la cumbia, la trova, le tango, et tellement d’autres danses que ça leur donne une classe terrible, où les mariachis font partie de la vie de tous les jours, où le feu de la rue principale de la ville entonne à la perfection un chant d’oiseau quand il passe au vert pour les piétons et c’est surprenant au milieu de l’agitation de la foule, où il est normal de chanter une sérénade au balcon d’une jeune fille pour lui dire son amour, où malheureusement les mecs sont aussi consternants que chez nous quand ils se mettent à la Playstation, où la chanson d’anniversaire est bien plus belle que la version américaine, où les gens parlent de nous comme du Premier Monde, où l’on attend jamais longtemps un bus, où les taureaux se vengent parfois de cette connerie de corrida et ils ont bien raison, où je vois des lapins dans la nuit mais ça c’est juste dans mon imagination, où les hosties qu’on trouve à l’Eglise s’achètent partout ici et se mangent comme une friandise mais en cinq fois plus grand sinon il n’y aurait rien à manger, où les gens ne se font qu’une seule bise mais se prennent ensuite chaleureusement dans les bras chaque fois qu’ils se disent bonjour, où l’on mange dans plusieurs petites assiettes parce qu’il y en a une pour le riz, une pour la soupe et les légumes et une pour mélanger le tout, où l’on se moque bien de la façon de parler des Espagnols, où je dessine des marguerites pour toi sur les vitres très sales des voitures, où l’on imagine les Français comme des gens froids et ce n’est pas faux, où les tortillas sont toujours disposées au centre de la table dans un torchon qui les garde au chaud, où l’on se demande bien à quoi peut servir la grève, où l’on raccompagne toujours une fille qu’on a déposée quelque part, où l’on ne peut pas draguer une fille qui est venue avec quelqu’un d’autre sans demander la permission à ce dernier, où l’on ne pique jamais au grand jamais la fille que désire son frère, même si c’est le petit frère, où l’on est fier de son pays et contrairement aux Américains il y a de quoi, où l’on se dit « Oyé » pour s’interpeller et « Essoooooo ! » pour dire « voilà ! » comme dans la pub pour l’essence, où l’on dit « aïe » aussi quand on a mal, où l’on met écharpe et gants quand il fait 10 degrés, où les Kinder n’ont pas du tout le même goût et c’est tant mieux pour la ligne, où l’on respecte les personnes âgées et où on ne les abandonne pas, où j’aime me perdre dans la rue parce que c’est toujours surprenant, où l’on trouve des cartes de téléphones dans les pharmacies, où les enfants jouent au chat dans la rue et courent dans les jets d’eau qui sortent à même du sol, un pays dont la force est dans ces gens qui à l’image de leurs deux volcans ont à la fois volonté et force de caractère, où je m’attache dangereusement et chaque jour un peu plus…
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